Ouah, ça fait un bail.
Les ventilos virent à pleine vapeur (pour peu qu'ils en fassent), les fenêtres grandes ouvertes, je suis en bobettes, limonade-grenadine dans un boc glacé dollarama et j'ai chaud. On est juste en juin mais je crève de chaleur. La vache, j'ai pas hâte de voir la ménopause, en plus il parait que c'est héréditaire et ma mère m'en a fait voir de toutes les couleurs à ce moment-là. Peut-être parce que j'étais en pleine crise d'adolescence plus ou moins en retard; je venais de faire l'amour pour la première fois et je pensais donc tout savoir du monde. Rien à battre de ma mère et de ses appels à la tolérance quand elle avait ses fameuses chaleurs. C'était à peu près dans ces temps-ci. J'avais quinze ans, j'en ai vingt-quatre. Neuf années ont passé, plusieurs mecs et une seule nana aussi (sur l'échelle de l'homosexualité, je suis comme à zéro ou deux... mais elle, wow, ce qu'elle était envoûtante - mais c'est une autre histoire).
En ce moment, personne dans ma vie. Personne dans mon lit. Ah, oui, peut-être l'oreiller que je mets en travers pour que mon lit queen soit moins grand et autrefois le toutou que j'ai shippé à ma fille et qui se retrouve aussi bien chez la jeune que la vieille majoritairement en bas du lit à coup sur au petit matin.
Depuis ce temps, ma conception du sexe a changé.
J'étais -ou du moins, le croyais-je - très avant-gardiste au point de vue de mes relations. S'ils furent moins nombreux en terme de chiffres que celles de mes contemporaines que je connais pour vivre la vida-loca, chacun de mes amants a une histoire propre à me rappeller à quel point le sang chaud bouillait dans mes veines.
Mais la passion, c'est quoi quand ça commence au lit? La cîme de cette escalade électrique de la rencontre des âmes, des corps est où alors?
Je me suis dit, la dernière fois que j'ai remis mes petites culottes et que j'ai reboutonné mon jean, il y a un an, que la prochaine fois, je connaîtrait le gars davantage avant de savoir s'il est épilé de partout (et quelle pertinence de l'être, un homme ce n'est pas un ours mais ça se définit tout de même par un être doté de pénis - plus ou moins impressionnant - et de poils).
À vouloir courir après la vie et faire mes expériences, je crois que je suis passée à côté de quelque chose.
