Dans deux cent quarante six jours (en fait, peut-être que j'en oublie ou que j'en mets trop, j'ai compté quatre fois et je n'arrive jamai au même résultat; y'en a marre!) j'attendrai l'âge relativement respectable de vingt cinq ans. Si j'avais vécu à l'époque de ma grand-mère, ça aurait fait de moi une vieille fille. En fait, si j'avais vécu à l'époque de ma grand-mère et que j'avais eu aussi mon enfant au même âge que je l'ai eu, ça aurait aussi fait de moi une traînée. Et bien honnêtement, je ne suis pas sûre que les temps aient tant changé.
Bref, dans à peu près aussi long que la période que dure une grossesse, j'aurai ajouté une autre chandelle sur le gâteau de ma puce (ça lui fera trois ans, le temps a passé trop vite!), probablement passé un autre Noël en famille restreinte, et un autre nouvel an couchée à onze heures. Bref, ma vie de Monobattante se profile loin devant moi, tellement que je n'en vois pas vraiment la fin.
Je n'ai pas encore vingt cinq ans, mais il y a des jours où je me sens vraiment, vraiment vieille.
Où est-ce que je voulais en venir, donc? Ah, oui!
Je discutais avec une amie ce soir, via msn de ce qui est arrivé à une connaissance commune, qui sentait elle aussi le quart de siècle approcher avec appréhension. Cette fille rêvait de manière démesurément obsessionnelle d'avoir deux enfants avant vingt-cinq ans. C'est cute comme rêve. Mais ça ne prends pas trop en compte sa réalité de mère monoparentale récemment en relation avec ce qui était au début un fuckfriend. C'est disons un peu trop rigide à mon avis.
C'est bien d'avoir des rêves. On en a tous. J'en ai plein. J'en avais des tonnes. Et j'ai dû faire un trait sur des masses. C'est un réflexe de survie. S'accrocher à un rêve, à un chiffre, à un objectif désespérément c'est risquer de se rendre malheureux, et les autres autour de soi aussi.
J'avais aussi un idéal de ce qu'une vie de famille serait. Il correspond pas vraiment à ce que j'ai en ce moment, mais je me suis adaptée. Il faut adapter ses rêves à sa réalité et non adapter sa réalité à ses rêves comme elle a fait . C'est vingt-cinq ans là. Pas quarante. Le temps est pas autant compté qu'il l'est en fin de trentaine.
Moi aussi je voulais avoir une partie de ma famille avancée avant d'avoir vingt-cinq. Mais je voulais aussi mes enfants du même père. Comme je me vois mal le supplier de me prêter un peu de son sperme, je crois que je devrai faire une croix sur ce rêve là, puisque nous ne sommes plus ensemble depuis belle lurette.
Dans une série télé que j'ai écouté il y a longtemps, un personnage disait que les rêves se devaient d'être rebelles. Bien sûr. Sinon c'est imposer une espèce de dictature faschiste à sa vie et l'empêcher de nous offrir de beaux cadeaux.
Je rêve tout plein et pas forcément endormie. Mais je sais que la plupart de mes rêves ne se réaliseront pas puisque certains en contredisent d'autres ou à tout le moins sont incompatibles. Si ce n'est pas une voie express menant au bonheur, c'est au moins une artère qui contourne le malheur qui nous attends si on ne se prépare pas à lâcher prise.
