juillet 11, 2006

Leucan, le long périple d'un coco a zéro

C'était il y a un mois. Timidement, je m'avancais vers l'estrade où on allait me raser. J'étais nerveuse. Un photographe a d'abord pris une photo de moi avant (deux en fait, parce que sur la première j'ai fermé les yeux) et le maudit en a pris pendant. Ce qui veut dire qu'il traine des photos de moi quelque part sur la planète où j'aborde la coupe patof (la tite demoiselle a rasé derrière, puis pour l'avant, elle a commencé en plein milieu). Très sayant, génial.
Bref, c'était le 11 juin. Depuis, on peut dire que mes cheveux ont repoussé. Je ne peux pas encore mettre de gel et créer quelque chose de significatif. Ça n'a l'air de rien. On dirait que j'ai eu un trip de jeunesse tardif, une bulle d'adolescence qui m'a pété au cerveau. S'Ils étaient blonds à la Eminem on pourrait presque me croire fan du Slim Shady. =p
Mais Marshall Mathers en a plus que moi!
Au moins ils recommencent à être doux. Et je peux distinguer à nouveau ma couleur naturelle que j'avais perdue sous les teintures de coiffeuses et les cheapettes de la pharmacie wal-mart avec prime de merde.
Je m'encourage en regardant Natalie Portman. J'observe sa pousse de cheveux. Bientôt ça va ressembler à quelque chose. Ça fait un mois et j'ai déjà une bonne repousse! Ça va être beau en août, et peut-être qu'en septembre ou octobre, j'aurai quelque chose de sortable.
Oui parce que j'ai pas "honte" de sortir, je me sens juste... moins lumineuse que les premiers jours avec ma boule à zéro et la joie d'avoir fait quelque chose de vraiment bien pour une noble cause. Là je me fais penser à mes exs. Des trippeux du clipper qui se débaraissent de leur tignasse dès que le mercure dépassait le 15 degrés quatre jours consécutifs.
Ça repousse, au moins... Et plus vite que si je les avait perdus par chimiothérapie.
J'ai acquis une plus grande ouverture sur le cancer qui frappe les jeunes. Je sais maintenant le "prix" d'une chevelure. Ce que ça peut représenter pour un enfant qui l'a perdue.